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SAFI … SAFI

SAFI … SAFI

Mon grand-père paternel - que je n’ai pas eu la chance de connaître - était Maître Céramiste à Rabat et possédait plusieurs fours.

Mon autre grand-père était quant à lui maroquinier. J’ai eu la chance en revanche de le connaitre et d’écouter ses conseils en matière de cuir et de tannage...

Etant de Rabat, il me semblait assez naturelle de travailler avec les céramistes de Salé. Si vous souhaitez importer les produits classiques, vous ne rencontrerez pas de difficultés majeures.

En revanche, il a été impossible de mettre en place de la production de créations Rue des consuls. Cela fut de loin ma grande déception.

J’ai cherché alors du côté de Marrakech, Fez, Casablanca même, rien de bien encourageant et satisfaisant en terme de grade de qualité et surtout de traçabilité des matières et des pigments.

Je me disais « Safi ... Safi », c'est-à-dire « Assez, ça suffit, j’abandonne... ».

Mais au fond, je ne m’y suis jamais résous.

Lors d’un trajet retour entre Marrakech et Rabat, je décide de m'arrêter à Safi (Asfi en arabe, ville côtière, connue pour être l’autre capitale de la céramique avec Fez et Salé). Mes deux premières expériences me laissent septique quant au titre de « Capitale ».

J’avais au préalable identifié des ateliers pouvant exporter. Petit détail qui a son importance : en tant que société française, je ne peux travailler en direct avec n'importe quel artisan. Les sociétés artisanales ne sont pas toutes habilitées à exporter, ce qui a pour conséquence néfaste de voir proliférer de nombreux intermédiaires dans le secteur, dont la seule valeur ajoutée et de posséder un facturier, etc.

Je rentre dans le premier atelier, celui de Naim.
Je m’étonne de rencontrer un jeune homme très réservé, peu bavard.
Je lui explique mes attentes. Je regarde son atelier. Celui-ci est doté de quatre fours. Dans un coin de l’atelier, des fragments de céramique. Je comprends alors qu'il s'agit là de son pantone !

Sa première phrase fut : reprenons à la base, quelle technique recherchez-vous et quel rendu attendez-vous, pour savoir si je peux faire.
Sa question m'apaise. Cet homme ne dit pas amen à toutes mes demandes. Ce qui avec le temps éveille ma confiance. Un bon artisan est celui qui dit non à une commande, quand il ne sait pas faire.

Je change mon attitude. Je le laisse m’expliquer et me raconter son métier. Ses prix sont justifiés et mesurés.

Je n'irai pas visiter d’autres ateliers. Naim s’est révélé dans le temps être un très grand Maître Céramiste d’une profonde et sincère honnêteté.

Il réalisa avec le même sérieux tous mes bons de commande les plus petits comme les plus importants.

« Safi ... Safi » veut aussi dire « Ça y est, j'ai trouvé !!! ».

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